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Réforme du DPE 2026 : nouveau coefficient électricité, qui gagne une classe sans travaux ?

Par Hugo, diagnostiqueur certifié, UNODIAG. Publié le samedi 17 octobre. Mis à jour le samedi 17 octobre.

Depuis le 1er janvier 2026, le DPE convertit l'électricité en énergie primaire avec un coefficient de 1,9 au lieu de 2,3. Il passera à 1,7 le 1er janvier 2027. Les logements chauffés à l'électricité peuvent gagner une classe sans travaux, pas ceux au gaz ou au fioul. Une attestation ADEME gratuite met à jour l'étiquette sans nouveau DPE.

Coefficient de conversion de l'électricité en énergie primaire dans le DPE, état au 15 octobre 2026
PériodeCoefficientTexteSituation
Jusqu'au 31 décembre 20252,3Méthode 3CL-DPE 2021Les DPE établis avec ce coefficient restent valables jusqu'à leur expiration
Depuis le 1er janvier 20261,9Arrêté du 13 août 2025 (Journal officiel du 26 août 2025)En vigueur ; attestation de nouvelle étiquette gratuite sur l'Observatoire DPE-Audit de l'ADEME
À partir du 1er janvier 20271,7Arrêté du 19 août 2026 (Journal officiel du 26 août 2026)À venir ; même mécanisme d'attestation

Pourquoi le coefficient de conversion de l'électricité change-t-il ?

L'étiquette énergie du DPE est exprimée en énergie primaire, en kWh par m² et par an. Pour le gaz, le fioul ou le bois, l'énergie primaire est égale à l'énergie consommée dans le logement. Pour l'électricité, le DPE applique un coefficient qui tient compte des pertes de production et de transport entre la centrale et la prise. Ce coefficient était de 2,3 : 100 kWh consommés comptaient pour 230 kWh d'énergie primaire.

L'arrêté du 13 août 2025, publié au Journal officiel le 26 août 2025, l'a abaissé à 1,9 pour les DPE et audits réalisés à partir du 1er janvier 2026. L'arrêté du 19 août 2026, publié le 26 août 2026, l'abaisse de nouveau à 1,7 à compter du 1er janvier 2027. Le ministère justifie cette évolution par la part croissante des énergies bas carbone dans la production française et par la volonté de ne plus pénaliser le chauffage électrique face au gaz.

En deux étapes, l'électricité comptée dans l'étiquette baisse de 17 % en 2026, puis de 10,5 % supplémentaires en 2027, soit 26 % de moins qu'en 2025. La consommation réelle du logement ne change pas d'un kilowattheure : seule la règle de calcul évolue.

Qui gagne une classe sans travaux ?

Les logements dont le chauffage, l'eau chaude et la cuisson fonctionnent à l'électricité : convecteurs, panneaux rayonnants, plancher chauffant électrique, chauffe-eau à accumulation, pompe à chaleur. Plus la part de l'électricité dans la consommation est grande, plus la baisse de l'énergie primaire se rapproche des 17 % puis 26 % théoriques.

Le gain se joue à la frontière des classes. Les seuils de l'étiquette énergie sont fixés à 70, 110, 180, 250, 330 et 420 kWh d'énergie primaire par m² et par an. Un logement tout électrique situé dans le haut d'une classe passe presque toujours dans la classe supérieure ; un logement situé tout en bas d'une classe peut rester où il est. Le gouvernement estimait à environ 850 000 le nombre de logements sortant de F ou G grâce au seul passage à 1,9.

L'étiquette finale retient la plus mauvaise des deux notes, énergie et émissions de gaz à effet de serre. Le coefficient ne modifie pas la note climat. Comme l'électricité française émet peu de CO2, c'est presque toujours la note énergie qui fixe la classe d'un logement électrique : la baisse du coefficient se traduit donc directement sur l'étiquette.

Exemple d'un appartement tout électrique de 40 m² : même consommation, trois étiquettes selon la date du calcul
Date du calculCoefficientÉnergie finale consomméeÉnergie primaire retenueClasse
20252,3191 kWh/m²/an440 kWh/m²/anG
20261,9191 kWh/m²/an363 kWh/m²/anF
20271,7191 kWh/m²/an325 kWh/m²/anE

Dans cet exemple, l'appartement passe de G à F sans toucher à l'isolation, puis de F à E l'année suivante. Il redevient louable dès 2026 et le reste jusqu'au 31 décembre 2033, selon le calendrier d'interdiction de location des logements G, F puis E.

Qui ne gagne rien avec la réforme ?

Les logements chauffés au gaz, au fioul, au bois ou raccordés à un réseau de chaleur ne sont pas concernés : leur énergie était déjà comptée avec un coefficient de 1. Un logement au gaz équipé d'un chauffe-eau électrique gagne quelques kWh seulement, rarement une classe. Les immeubles franciliens des années 1960 et 1970 à chauffage collectif au gaz, nombreux en petite couronne, restent exactement à la même place. Pour eux, seule la rénovation fait bouger l'étiquette.

Faut-il refaire son DPE pour profiter du nouveau coefficient ?

Non. Les DPE réalisés avant le 1er janvier 2026 restent valables jusqu'à leur date d'expiration. Pour obtenir la nouvelle étiquette, le propriétaire demande une attestation sur l'Observatoire DPE-Audit de l'ADEME, à partir du numéro du DPE existant. L'attestation est gratuite, délivrée sans visite, et indique la classe recalculée avec le coefficient en vigueur. Le même mécanisme s'appliquera au 1er janvier 2027 pour le coefficient 1,7.

L'attestation se joint au DPE d'origine et ne le remplace pas. Elle permet de justifier la nouvelle classe auprès d'un locataire, d'un acquéreur ou d'un notaire. Conservez les deux documents ensemble.

Refaire un diagnostic de performance énergétique reste nécessaire dans trois situations : le DPE date d'avant le 1er juillet 2021 et n'est plus valable, des travaux ont été réalisés depuis, ou vous souhaitez des recommandations de travaux actualisées. Un DPE réalisé en 2026 intègre d'office le coefficient 1,9 et pourra lui aussi bénéficier d'une attestation 1,7 en 2027. Chez UNODIAG, le DPE coûte de 100 € à 140 € TTC pour un appartement et de 100 € à 170 € TTC pour une maison, déplacement compris en Île-de-France.

Que change la réforme pour la location et pour la vente ?

Pour la location, le calendrier d'interdiction reste inchangé : G exclu depuis le 1er janvier 2025, F au 1er janvier 2028, E au 1er janvier 2034. Un logement G qui ressort F avec l'attestation peut de nouveau être loué, jusqu'au 31 décembre 2027. Un F qui ressort E peut l'être jusqu'au 31 décembre 2033 et sort du gel des loyers, qui ne vise que les classes F et G.

Pour la vente, l'audit énergétique réglementaire est obligatoire pour une maison individuelle ou un immeuble en monopropriété classé E, F ou G. Une maison tout électrique classée E qui ressort D avec le nouveau coefficient n'a plus à le fournir. La classe doit toujours figurer dans l'annonce et le DPE reste annexé à la promesse de vente.

Un autre arrêté, daté du 11 juin 2026 et pris pour transposer la directive européenne 2024/1275 sur la performance énergétique des bâtiments, entre lui aussi en vigueur le 1er janvier 2027. Ses effets seront détaillés dans une mise à jour de cet article.

Sources officielles

Votre DPE n'est plus valable, ou vous venez de terminer des travaux et voulez une étiquette calculée avec le coefficient en vigueur ? Indiquez la typologie et l'adresse du bien pour obtenir mon prix en 1 minute, déplacement compris.

Questions fréquentes

Mon DPE de 2023 est-il toujours valable après la réforme de 2026 ?

Oui. Un DPE réalisé depuis le 1er juillet 2021 reste valable dix ans. La réforme ne l'annule pas : elle permet seulement d'obtenir, gratuitement, une attestation de nouvelle étiquette calculée avec le coefficient 1,9, puis 1,7 à partir de 2027.

Comment obtenir l'attestation de nouvelle étiquette ?

Sur l'Observatoire DPE-Audit de l'ADEME, à partir du numéro à 13 caractères inscrit sur votre DPE. L'attestation est gratuite et délivrée sans visite. Elle s'ajoute au DPE d'origine, qu'il faut conserver.

Un logement au gaz gagne-t-il une classe en 2026 ?

Non. Le coefficient ne concerne que l'électricité. Un logement chauffé au gaz, au fioul, au bois ou par un réseau de chaleur garde la même étiquette. Seul un chauffe-eau électrique peut faire gagner quelques kWh, rarement une classe.

Le coefficient 1,7 s'appliquera-t-il aux DPE réalisés en 2026 ?

Oui, par attestation. Un DPE établi en 2026 avec le coefficient 1,9 pourra, à partir du 1er janvier 2027, faire l'objet d'une attestation recalculée avec le coefficient 1,7, selon le mécanisme prévu par l'arrêté du 19 août 2026.